Depuis toujours, Yutaka Takanashi photographie la ville de près, de loin, voire de très loin.
Du 10 mai au 29 juillet et pour la première fois en France, la Fondation HCB expose les séries majeures de ce photographe, figure essentielle de la photographie japonaise du XXème siècle.
Série Toshie-e
Au premier étage de la Fondation, sera présentée la série Toshie-e (vers la ville). Ces 50 photographies en N/B réalisées entre 1965 et le début des années 1970 témoignent aussi bien de l’appartenance de Takanashi au collectif Provoke que de la distance qu’il a su s’imposer pour trouver son style. Dans cette série, Takanashi aborde, souvent par simple allusions, un thème souterrain : la pénétration de la société de consommation américaine dans la vie quotidienne japonaise. Cette série est publiée conjointement à la série Tokyojin, en 1974, dans un ouvrage sophistiqué désigné par le célèbre graphiste Kôhei Sugiura.
Séries Machi et Golden-Gai Bars
Au deuxième étage, le travail en couleur du photographe sera présenté au travers des séries Machi (la ville) et Golden-Gai Bars. Au total, 35 photographies qui dévoilent le Tokyo traditionnel et populaire. Pour Machi, le photographe se concentre sur les plus vieux quartiers de la capitale nippone, là où la modernité et l’urbanisation n’ont pas encore fait de ravages. Le travail en grand format et couleur permet de saisir au mieux les détails de chaque scène et de mettre en valeur les intérieurs des maisons, les boutiques des artisans ou les commerces. Publiées en 1977 dans l’ouvrage Machi, ces images aux tons chauds sont à l’opposé des images froides et déshumanisées de la série Toshi-e.
La série Golden-Gai Bars se concentre sur le quartier de Shinjuku, l’un des quartiers les plus populaires de Tokyo, dans lequel a grandi le photographe. Takanashi nous révèle ses ruelles, ses bars colorés dans lesquels se mêlent enseignes publicitaires américaines et objets traditionnels. Cette série, réalisée en 1982, a été en partie publiée l’année suivante dans la revue Asahi Camera.
La majorité des tirages noir et blanc de cette exposition proviennent de la galerie Priska Pasquer à Cologne qui défend depuis longtemps la photographie japonaise, les autres proviennent de collections particulières. Les épreuves couleur sont des tirages Cibachrome réalisés pour l’exposition.
Le catalogue de l’exposition, augmenté d’une introduction d’Agnès Sire et d’un texte de Ferdinand Brüggemann est publié par Toluca Editions /RM. 192 pages, 38€



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