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Trompe-l’oeil Imitations, pastiches et autres illusions

Contemporain, Expositions temporaires des musées parisiens, Moderne

Du 2 février 2012 au 30 novembre 2013

Posté le 01 mai 2012 par David Roubertoux

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La Galerie d’études des Arts Décoratifs invite le visiteur à une lecture transversale des collections. Elle privilégie d’autres approches que celle du parcours chronologique : technologique, fonctionnelle ou sociologique. Déployée sur deux niveaux, soit 12 salles, Cette galerie propose d’aborder un sujet tous les 18 mois. Il est illustré par des objets rarement ou jamais montrés, exclusivement issus des collections des Arts Décoratifs. Sont ainsi confrontés le mobilier, les arts de la table, le textile, la mode, la publicité, le papier peint, les jouets . Après la question de la fonctionnalité avec « A quoi ça sert ? », celle de la couleur avec « Aussi rouge que possible » puis de l’iconographie avec « Animal », le thème choisi est le trompe-l’œil.

Le trompe-l’oeil est comme, son nom l’indique, destiné à tromper l’oeil et trouve son origine dans les fresques et mosaïques antiques. Le récit le plus ancien qui marque le début du trompe-l’oeil est celui de Pline l’Ancien. Il rapporte dans son Histoire naturelle comment le peintre Zeuxis (464-398 av JC), dans une compétition qui l’opposait au peintre Parrhasius, avait représenté des raisins si parfaits que des oiseaux vinrent voleter autour. Si l’Antiquité est le point de départ de cette illusion parfaite, la Renaissance et le Maniérisme vont amplifier ce phénomène avant que la période Baroque n’en fasse un genre à part entière. La virtuosité atteint alors son comble et cette illusion doit alors beaucoup aux techniques de la perspective et du clair-obscur. Toutes les périodes vont s’y intéresser, même si les supports et les enjeux ne sont plus les mêmes.

En art décoratif, cette « tromperie des yeux » recouvre différentes réalités : l’imitation, le pastiche ou les illusions d’optique. Elle s’applique autant à l’objet (céramique, orfèvrerie, papier peint, bijou…) qu’à la mode ou à l’affiche. Cette tromperie concerne autant la matière, la technique, le sujet que l’usage. On observe par exemple, que de nombreuses matières vont être imitées par d’autres : la céramique imite le jaspe, les roches rares, le porphyre ou l’or ; le linoléum, le plancher ; le strass, le diamant ; la broderie, le bijou… La virtuosité devient très vite le principal ressort de ces recherches. Plus seulement ersatz bon marché de matières luxueuses, ces techniques deviennent des savoir-faire propres à développer la maîtrise des artisans. Le papier-peint sera le support idéal de cette forme d’expression. Capable de toutes les illusions, il reproduit tous les matériaux, du plus modeste au plus somptueux : bois, laque, faïence, paille, velours ciselé. Il peut même se substituer à une huile sur toile et à son encadrement de bois doré.

L’objet nous trompe sur sa matière comme il peut nous tromper sur sa fonction. Un objet peut en cacher un autre : dissimuler ce qui doit rester discret ou jouer sur la notion de surprise. Que trouve-t-on derrière la façade d’un secrétaire ou qu’est-ce qu’un « cabinet d’affaire » ?

En jouant avec les styles et les références, l’objet nous trompe aussi sur son époque. Le Moyen-Âge réinterprète l’Antique alors que le XIXe siècle imite le Moyen-Âge, la Renaissance ou les civilisations orientales… De grands créateurs s’illustrent d’ailleurs dans ces domaines : Théodore Deck revisite les arts de l‘Islam, Gabriel Viardot ceux de la Chine ou du Japon, tandis que Charles-Jean Avisseau travaille à la manière de Bernard Pallissy. Ce système de références est un des ressorts utilisé au XXe siècle par les publicitaires qui font notamment allusion aux chefs-d’oeuvre de la peinture pour imaginer leurs campagnes.

Au-delà du trompe-l’oeil, les jeux fondés sur les mécanismes de la vision, effets d’optique et illusions visuelles sont tout autant utilisés par les créateurs pour troubler la perception du réel. La mode, plus que tout autre domaine, assume et revendique le théâtre des illusions les plus folles. Du XVIIIe au XIXe siècle, perruques, tournures, faux-cul sont autant là pour tromper que pour sublimer le corps et le vêtement.

Comme un jeu de piste à travers les siècles et les matières, c’est au grand jeu de l’illusion que nous convie cet accrochage. Réunis en douze thèmes près de 400 objets, jamais ou rarement montrés se font écho et témoignent des inventions techniques et artistiques. De « Ombre et lumière » à « Une matière peut en cacher une autre » en passant par « Optique hypnotique » ou l’évocation d’une vraie fausse Period Room, le visiteur aura les clefs pour découvrir les artifices du trompe-l’oeil et de l’imitation.

 

Trompe-l’oeil Imitations, pastiches et autres illusions : Informations pratiques

Lieu

Musées des arts décoratifs
107, rue de Rivoli – 75001 Paris
Téléphone : +33 01 44 55 57 50
Métro : Palais-Royal, Pyramides, Tuileries
Ouverts du mardi au dimanche de 11 h à 18 h
Entrée
plein tarif : 9,50 €
tarif réduit : 8 €

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