Si son nom est connu du grand public grâce au poster Hope de Barack Obama, Shepard Fairey, aussi nommé Obey, témoigne d’une carrière longue d’une vingtaine d’années. Elle débute d’ailleurs sous la forme d’une plaisanterie. Pour faire la démonstration du pouvoir des slogans à un ami, il prend l’image d’un catcheur français André Roussinof, connu sous le nom d’André the Giant, et crée le jeu de mots Andre the Giant has a Posse. Posse dans le milieu du skate, signifie « une bande de potes ». Avec d’autres étudiants de la Rhode Island School of Design (RISD) à Providence, il conçoit alors des autocollants et affiches à l’effigie du catcheur. Propagés à dessein clandestinement, les stickers envahissent l’est des Etats-Unis, puis les pays étrangers. Shepard Fairey parle d’expérimentation de la phénoménologie et affilie son travail à celui de Heidegger, dans le manifeste qu’il rédige en 1990. Par le truchement de différents mass-media, Obey révèle à la lumière de la phénoménologie la diversité de nos comportements face aux images. Utilisant les gens, les icônes populaires et les symboles en tout genre, cette campagne vise à déconstruire la manière dont les images sont pensées, comment elles manipulent et endoctrinent.
Techniquement, le collage a toujours eu une grande importance dans la pratique de l’artiste. Il commença par collecter minutieusement des images, avant de passer aux pochoirs et à la peinture, puis de revenir à de grands collages. Pour l’efficacité de son message, il s’inspire à la fois d’images de propagande russes, chinoises, espagnoles ou cubaines, et du Black Panther Party ou du film They Live de John Carpenter.
En 2008, il s’engage dans la campagne électorale de Barack Obama. Les messages Hope et Progress vont devenir emblématiques de la victoire du président américain. Selon le New Yorker, ce fut l’illustration politique la plus efficace depuis Uncle Sam wants you. Un moyen pour Shepard Fairey de s’éloigner de la contre-culture, tout en étant toujours aussi investi dans la société.
Né en 1970, Shepard Fairey, ou Obey, commence à travailler dans la rue en 1989, à Providence (Etats-Unis). Depuis 1984, il apposait ses dessins sur des skateboards et des tee-shirts. Il est aujourd’hui reconnu du milieu institutionnel et fait partie des collections du New Museum of Design de New York, du Museum of Contemporary Art et du Museum of modern Art de San Diego, du Victoria & Albert Museum de Londres ou du Los Angeles County Museum of Art.
Il vit et travaille à Los Angeles.
Rue de Beauce, en collaboration avec Mondo Bizzarro Gallery, propose pour ce nouveau rendez-vous Obey // the Print Show de rassembler une sélection de sérigraphies produites par l’artiste américain couvrant les thèmes de la musique et de l’engagement politique pointant du doigt la puissance des mass medias, de la publicité et des politiques tout en utilisant leur propres codes.



envoi en cours...
23rd juin , 2012 a 11 h 24 min
C’est bête à dire, mais je trouve que ces illustrations au style graphique très… Soviétique… fonctionnent à merveille.
Elles sont toujours d’une efficacité hallucinante je trouve
12th novembre , 2012 a 22 h 38 min
Rahhh je tombe sur votre article par hasard! et ne savais pas qu’il y avait cette expo à paris! je vais voir si il y a moyen d’avoir un rdv cette semaine, du moins si j’ai le temps…
en tout cas c’est toujours un plaisir de voir les images d’Obey.