« Dans la grande forêt, un petit éléphant est né. Il s’appelle Babar. »
80 ans plus tard, Babar devenu roi des éléphants, porte toujours son « costume d’une agréable couleur verte ». Il reste certainement l’un des héros de la littérature jeunesse les plus prisés des enfants mais aussi et surtout de leurs parents et grands-parents qui associent Babar à leur plus tendre enfance. Il fête aujourd’hui son anniversaire dans la galerie des jouets des arts décoratifs. L’exposition retrace les aventures du pachyderme le plus célèbre depuis sa création en 1931.
La naissance de Babar
Babar est né un soir d’été de 1930 lorsque Cécile de Brunhoff, la mère de Laurent et Mathieu, âgés respectivement de cinq et quatre ans, raconte l’histoire d’un petit éléphant dans la jungle qui s’enfuit à la ville après qu’un chasseur a tué sa maman. Cette histoire aurait pu rester anonyme mais les enfants la racontent à leur tour à leur père, Jean de Brunhoff, peintre. Séduit par ce conte, il en réalise un album à l’aquarelle qu’il intitule Histoire de Babar le petit éléphant. L’oncle Lucien Vogel, éditeur, convainc Jean de publier cet album. L’histoire de Babar paraît en 1931 aux Éditions du Jardin des modes, l’année de l’Exposition coloniale. Le succès est immédiat puisque des millions d’exemplaires sont vendus entre 1931 et 1939. Jean développe à travers les six albums suivants, publiés à partir de 1936 par Hachette, un art de l’illustration en y mêlant ses talents de peintre, de conteur et d’observateur. Lorsque Jean de Brunhoff meurt de la tuberculose en 1937, son frère, Michel, qui était l’éditeur du magazine français Vogue, vit à travers les deux albums inachevés de potentielles publications et demanda à Laurent, qui était âgé de 12 ans de les mettre en couleurs.
C’est après la guerre que Laurent âgé de 20 ans prit réellement le relais en publiant Babar et ce coquin d’Arthur. Reprenant les personnages inventés par Jean – Babar, sa femme Céleste, son cousin Arthur, la vieille dame, le singe Zéphir, le doyen des éléphants Cornélius et les trois enfants Pom, Flore et Alexandre – Laurent intégra à son tour de nouveaux personnages dont le professeur Grifaton, le Wouli Wouli, le baron Bardula et agrandit la famille de Babar en dessinant la jeune Isabelle et dernièrement Coriandre le mari de Flore…
Jean et Laurent ont un style artistique légèrement différents, si bien qu’à l’œil nu il est difficile de les distinguer et d’ailleurs beaucoup de personnes ignoraient que l’auteur avait changé et associent l’arrêt des publications à la guerre.
En 1985, Laurent émigre aux États-Unis. Babar aussi. À ce jour, une quarantaine d’albums a été dessinée par Laurent de Brunhoff, parmi lesquels Babar et ce coquin d’Arthur (1946), Le Château de Babar (1959) jusqu’au prochain Coup de foudre aux Jeux de Célesteville, qui paraîtra en novembre 2011.
Babar au fil des pages
A travers une sélection d’une centaine de planches originales provenant de prestigieuses institutions françaises et étrangères, telles que la Bibliothèque nationale de France ou la Morgan Library and Muséum et la Mary Ryan Gallery à New York, ainsi que des collections particulières, de nombreux albums sont présentés. Des premières esquisses aux croquis, en passant par les dessins affinés puis colorisés et mis en texte, le personnage prend forme sous les yeux des visiteurs.
Pour son éléphant, le premier animal anthropomorphique de la littérature enfantine française, Jean de Brunhoff a choisi un format à sa mesure, qu’il exploite avec un grand savoir-faire, par des compositions larges et imposantes, et une utilisation de la double page qui intensifie le sens dramatique des récits. L’écriture cursive prolonge le dessin des personnages, intensifie le lien affectif avec le lecteur. Dans ces albums, comme dans ceux de Laurent, tout fait sens :
le papier comme le format, la mise en page comme l’illustration, l’absence de cadre comme la typographie, l’utilisation de vignettes comme la répétition de séquences sur une même page, mais aussi la pliure du livre pour matérialiser la séparation des lieux, et la succession des pages pour signifier les ellipses temporelles ou spatiales. C’est tout l’espace-livre qui raconte. Les esquisses présentées dans l’exposition témoignent des recherches et essais différents de l’artiste, des versions successives avant d’aboutir à ces compositions et aux choix des protagonistes. La démarche, le corps, le vêtement, les positions suffisent à exprimer le caractère des personnages, dans une économie de moyens qui laisse toute la place à la surprise et à l’humour.
Babar sur petit écran
Les aventures de Babar continuent dans une série télévisée de dessins animés en 3D, intitulée Babar et les aventures de Badou, coproduite par Nelvana et TeamTo, en association avec The Clifford Ross Company et TF1. Cette série met en scène le petit fils de Babar, Badou, âgé de 8 ans, et est diffusée partout dans le monde, notamment dans l’émission Tfou sur TF1 le matin avant l’école. Babar avait fait ses premières apparitions à la télévision dès 1949. Télé-Hachette avait produit une série d’épisodes intitulée Les Aventures de Babar. En 1989, Babar est de nouveau le héros d’une série de dessins animés de 78 épisodes, produite par Nelvana en partenariat avec Ellipse (et Kodansha pour les épisodes 66 à 78) et diffusée durant 6 saisons dans 160 pays. L’exposition présentera quelques séquences animées à travers des celluloïds mais également des extraits des épisodes les plus fameux.
Si Laurent de Brunhoff a préféré se consacrer aux albums, il a autorisé la réalisation de ces films qui ont respecté l’œuvre. C’est ainsi que Babar a touché de nouvelles générations d’enfants.
Babar et les jeux
Cette exposition est aussi l’occasion de relater les histoires de Babar à travers des jouets et des jeux des années 1930 à nos jours. En 1933, deux jouets en peluche, un Babar de 42 cm et une Céleste de 35 cm sont vendus par le Jardin des modes. Arthur (28 cm) les rejoint en 1934. Les jouets ont donc fait leur apparition à peine deux ans après la naissance de Babar, qui devient par la suite une marque déposée et protégée par le droit des licences. On le retrouve alors décliné dans des jeux de domino, de cubes, des dînettes, des figurines… Babar est compagnon de jeu.
Babar et sa garde-robe
En s’exposant au musée des Arts décoratifs, Babar présentera sa garde – robe qui signe son identité. Costumes, robes et accessoires issus des collections de la mode et du textile invitent le visiteur à imaginer le roi Babar, Céleste et la vieille dame comme s’ils étaient réels. Le parcours est également ponctué de quelques autres éléphants, source d’inspiration pour les arts décoratifs.
Scénographie
Pour la scénographie de cette exposition « Les Histoires de Babar », Eric Benqué redessine une galerie à hauteur d’enfant. Les adultes devront se baisser pour découvrir les planches originales accrochées sur des cimaises gris éléphant. Au mur, la ronde des éléphants, qui illustre toujours les pages de garde des albums Babar, ouvre l’exposition. Une farandole de peluches des années 1930 à nos jours se mêle à la danse. Quelques éléphants échappés des collections des Arts Décoratifs font un clin d’œil à l’humour des albums des Brunhoff.
Accueillis par une interview filmée de Laurent de Brunhoff aux Arts Décoratifs en juin 2011, les visiteurs découvrent aussi bien des épisodes drôles et émouvants que les secrets du dernier album à paraître aux éditions Hachette en novembre 2011.
L’exposition a été également l’occasion pour Laurent de Brunhoff d’imaginer Babar et ses amis déambulant dans la grande Nef du musée des Arts décoratifs.



envoi en cours...
27th février , 2012 a 15 h 07 min
Je ne connaissais pas !
Babar toute mon enfance.
Merci.
2nd mai , 2012 a 21 h 19 min
Merci de nous faire replonger dans notre enfance. Ca ma fait très plaisir de lire cet article. J’adorais Babar.
31st mai , 2012 a 11 h 17 min
Je ne savais pas que Babar avait été créé en 1930 ! Ca ne nous rajeuni pas tout ça.
19th juin , 2012 a 11 h 57 min
Pour ceux qui n’ont pas cliqué sur le lien de la source (disponible en bas du billet) vous pourrez voir des objets personnalisés avec Babar, je ne savais pas que ça existait encore donc je le souligne pour ceux qui seraient dans mon cas.
19th juin , 2012 a 12 h 34 min
Oui tout cela nous rappelle notre jeunesse.
Mais je pense que si l’on présente Babar à nos enfants (du moins les plus grands), ils vont peut-être nous regarder avec un regard narquois !
5th septembre , 2012 a 22 h 01 min
Ce billet a vraiment répondu à mes attentes. Je n’avais pas du tout cette façon d’appréhender les choses, j’ai la sensation que je vais pouvoir avancer sur mon projet perso. super!
24th septembre , 2012 a 11 h 30 min
Pas mal ces histoires de Babar ! Bravo pour votre article.
Murielle
25th octobre , 2012 a 9 h 56 min
C’est l’un de mes dessin animés préférés
18th novembre , 2012 a 17 h 43 min
Babar a ete invente en 1930, quelle histoire