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Posté le 12 décembre 2011 par David Roubertoux

Au sommaire
  1. Monter à Paris sur les pas de Zola
  2. Paris, la ville hors les murs, du côté d’Auvers
  3. La Tentation de Paris
  4. Poser comme une pomme. Natures mortes et portraits
  5. Les voies du silence
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Cézanne et Paris du 12 octobre 2011au 26 février 2012 au Musée du Luxembourg

Cézanne et Paris du 12 octobre 2011au 26 février 2012 au Musée du Luxembourg

Si Cézanne (1839-1906) est généralement associé à la Provence, on ne saurait l’y restreindre. Plus de la moitié de son temps, à partir du moment où il se consacre à la peinture, se passe à Paris et en région parisienne. Il fait le voyage Aix – Paris plus de vingt fois! Bien entendu, les raisons de sa venue ne sont pas les mêmes à vingt et soixante ans. Après 1890, l’artiste déjà âgé, encore incertain de son œuvre («je fais de lents progrès» écrit-il à la fin de sa vie) se retire sur les bords de la Marne ou du côté de Fontainebleau pour peindre quelques paysages apaisés, quand ce ne sont pas des portraits d’un marchand ou d’un critique. Il n’est plus le jeune homme, ambitieux de «conquérir» Paris avec la volonté d’entrer à l’école des Beaux-Arts et de présenter des œuvres au Salon. À Paris, Cézanne se confronte tout autant à la tradition qu’à la modernité. Pour employer le vocabulaire de Zola, il trouve les «formules» de la nouvelle peinture avant de les exploiter en Provence. Le va-et-vient entre Provence et Ile de France devient constant même si les rythmes évoluent. En tout cas après 1890, les critiques, les marchands, les collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre. Cézanne se montre attentif à cette reconnaissance qui ne peut venir que de Paris. Ainsi imprime-t-il plus que tout autre sa marque dans l’art moderne : des postimpressionnistes à Kandinsky, l’avant-garde le considèrera comme un précurseur, «notre père à tous», selon la formule de Picasso.
Le parcours de l’exposition qui présente environ 80 œuvres se découpe comme suit :

Monter à Paris sur les pas de Zola

Poussé et soutenu par Zola, ami rencontré à Aix au collège Bourbon, déjà installé à Paris, Cézanne rejoint la capitale en 1861, contre la volonté de son père pour devenir «artiste». Il fréquente l’académie Suisse où il rencontre d’autres peintres tels Pissarro et Guillaumin, avec lesquels il se lie d’amitié. Paris, où l’académisme s’impose par le Salon, est alors le lieu de la révolte et de l’avant-garde. Durant ces années d’études, il s’approprie les traditions anciennes et modernes : ses carnets de dessin attestent d’un regard attentif sur les grands maîtres de la peinture (Rembrandt, Poussin, Delacroix…) et de la sculpture antique, classique et baroque (avec des copies de Michel Ange et Puget principalement). Dans le même temps, il participe au mouvement impressionniste sans vraiment y adhérer. Bien qu’il se soit construit picturalement à Paris, où il revient jusqu’en 1905, Cézanne a finalement peu représenté la ville dans son Å“uvre. Il n’évoque jamais les sites célèbres, mais dessine ce qu’il voit de sa fenêtre ou d’une terrasse sur les toits… Il faut une exception, ce sera le tableau La Rue des
Saules. Cézanne a posé son chevalet dans une rue de Montmartre mais la rue est déserte…

Paris, la ville hors les murs, du côté d’Auvers

Installé dans la capitale, Cézanne ne cesse de s’y déplacer (on lui connaît près de vingt adresses différentes) et d’en sorti r. Il travaille la peinture de paysage, en plein air, « sur le motif », se mettant à l’école de peintres comme Pissarro et Guillaumin, lesquels participent au mouvement impressionniste. Ils entendent reprendre la tradition du paysage après Courbet, Corot et les peintres de Barbizon qui voulaient représenter, à travers la campagne parisienne, une certaine identité française. Mais très vite Cézanne s’impose comme un maître faisant «de l‘impressionnisme une chose solide et durable comme l’art des musées». Le tableau Le pont de Maincy en est l’expression autour des années 1880.

La Tentation de Paris

A l’instar de Courbet ou de Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Cézanne. Il peint plusieurs versions de La Tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert. Dans les mêmes années, les tableaux à caractère érotique se multiplient : Une Moderne Olympia, L’Orgie, La Lutte d’amour… Plus tard, d’après le témoignage du marchand d’art Vollard, Cézanne travaille sur une grande toile de Baigneuses au moment où il exécute son portrait en 1899 : il ne recherche plus la dimension érotique du corps, mais construit une nouvelle expression du nu et invente son propre langage pictural.

Poser comme une pomme. Natures mortes et portraits

Pour Cézanne, la « nature morte » est un motif comme un autre. Equivalent d’un corps humain ou d’une montagne, elle se prête particulièrement bien à des recherches sur l’espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : «Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude» disait l’artiste. Sur quelque 1000 tableaux répertoriés, on compte près de 200 natures mortes. Parfois associées à des thèmes érotiques ou à des portraits, elles «disent» Paris autant que le ferait un paysage. Parmi ces portraits, dont les toiles de fond représentent souvent des papiers peints, figurent les amis emblématiques des séjours parisiens : Victor Chocquet, son premier collectionneur, ou Ambroise Vollard, «le» marchand qui organise ses premières expositions.

Les voies du silence

A partir de 1888, Cézanne fait plusieurs séjours en région parisienne après être resté plusieurs années en Provence (de 1882 à 1888). S’il vient un été peindre au-delà d’Auvers, à Montgeroult, s’il rend visite à Monet à Giverny en 1894, ses lieux de prédilection en ces années
1890 sont les bords de la Marne vers Maison-Alfort ou Créteil, et la région de Fontainebleau jusqu’à Barbizon ou Marlotte. La rivière l’enchante, il y trouve fraîcheur, calme et sérénité et ses toiles expriment le «silence» de la nature. À Paris, les tons s’apaisent autour des bleus et des verts tandis qu’en Provence, il travaille la symphonie des ors des Sainte-Victoire. Ayant conquis sa place dans la capitale et acquis la maîtrise de son art, il se retire définitivement sur ses terres provençales pour lesquelles son attachement n’a cessé de grandir.

Cézanne et Paris : Informations pratiques

Lieu

Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard, 75006 Paris
M° St Sulpice ou Mabillon
Rer B : Luxembourg
Bus : 58 ; 84 ; 89 ; arrêt

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